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Pehr Henrik Ling : le père fondateur de la gymnastique suédoise ?

Temps de lecture : 7 minutes Mardi 6 Septembre 2022

Si vous êtes kinésithérapeute ou bien tout simplement fasciné par l’histoire de ce monde, vous connaissez sûrement Pehr Henrik Ling, connu comme le père fondateur de la gymnastique suédoise. Avant de vous raconter son histoire, nous allons faire un court rappel de ce qu’était la gymnastique suédoise. 

Et pour ceux qui souhaitent découvrir son histoire en vidéo : https://hubs.la/Q01lDXpQ0

La gymnastique suédoise en quelques mots

La gymnastique suédoise était une discipline combinant les gestes classiques de la gymnastique, à des exercices de kinésithérapie. Cette technique apparue au XIXème siècle, s’est fondée à partir des connaissances anatomiques de l’époque, ainsi que sur une décomposition analytique des mouvements du corps. On retrouve dans cette méthode les fondements même de la kinésithérapie : la volonté d’améliorer la santé par l’adoption des bons gestes au quotidien, et ainsi par l’enseignement des bonnes postures corporelles.

Maintenant que nous avons éclairci ce point, nous allons pouvoir passer à la partie qui vous a amené ici : les aventures de ce bon vieux Pehr Henrik Ling. 

La vie bien remplie de Pehr Henrik Ling

Né le 15 novembre 1766 (sous le signe du scorpion) dans un village du sud de la Suède, il faisait partie d’une famille de 6 enfants. Son père ayant été un homme religieux, et sa mère étant la fille d’un grand scientifique, Olof Rudbeck, Pehr Henrik Ling a eu une enfance bercée par différentes influences, qui ont fait de lui un homme passionnant et passionné. Son cadre de vie ainsi que la mort de ses parents ont fait de lui un homme doté d’une grande sensibilité, d’une détermination sans faille, et d’un sens inné de l’organisation (merci maman). Ses aptitudes intellectuelles comme sa ténacité l’ont très vite distingués des autres.  Une ténacité qui lui aurait joué des tours au lycée puisqu’il se serait fait renvoyé pour avoir brisé les vitres du directeur avec ses camarades. Il y aurait plusieurs versions de l’histoire – il s’est échappé pour éviter le châtiment, il s’est fait renvoyer pour avoir refusé de dénoncer ses camarades, … – mais toutes se rejoignent sur un point : il ne manque pas de tempérament et il n’a peur de rien. Sûrement son côté scorpion… 

Ce cher Pehr Henrik a malgré tout été diplômé et a entrepris des études supérieures en 1793 à Lund, dans le domaine de la théologie. Un diplôme qu’il va compléter à l’Université d’Uppsala et qu’il va obtenir en 1799. 

Une fois diplômé, il suivit ses aspirations et partit à la conquête de l’Europe, durant 7 années. Danemark, Allemagne, France…que de destinations qui lui ont permis de se réinventer. Ces voyages lui ont permis d’appréhender un grand nombre de domaines et de professions, passant ainsi de poète à interprète ou encore de professeur de langues modernes à professeur de mythologies. 

Ces voyages ont marqué un réel tournant dans sa vie puisqu’il y a rencontré dès sa première aventure à Copenhague, un chinois nommé Ming, passionné d’art martiaux et de Tuina (massage chinois). Partageant sa passion, notre couteau suisse suédois s’est très vite lié d’amitié avec celui-ci, qu’il suit durant tout son périple européen. Cette amitié aura un réel impact sur les orientations de Pehr qui décide par la suite de prendre des cours d’escrime dans une école d’armes françaises. Et parce qu’il ne sait pas être comme tout le monde, il se fait remarquer par sa dextérité, par ses aptitudes athlétiques et ses capacités de gymnaste. De plus, il faut savoir que notre cher couteau suisse, à force de voyages et d’aventures, souffrait d’une paralysie rhumatismale au bras. Une souffrance qu’il a décidé de soulager par la pratique de l’escrime, qui est une discipline qui oblige la prise de positions corporelles et la maîtrise du mouvement. Ça nous ferait presque penser à une séance chez le kiné non ? Enfin bref, Pehr Henrik se retrouve très vite fasciné par tous les enseignements que Ming peut lui apporter sur la gymnastique, et continue d’appliquer toutes ses pratiques une fois leurs routes séparées. 

 

La naissance d’une nouvelle discipline

Pehr Henrik Ling revient en Suède en 1804, changé. Les préceptes de son compagnon Ming, allié à son expérience au Danemark où Nachtigall venait d’introduire la gymnastique, ainsi que sa propre expérience de l’escrime, ont sûrement été les éléments déclencheurs de ses nouvelles ambitions. Revenu au pays pour des questions financières et de santé, il décide de faire son grand retour à l’Université de Lund où il va intervenir en tant que professeur de langues. Maintenant que vous le connaissez bien, vous vous doutez bien qu’il ne faisait pas que ça. Il était en parallèle prof de conditionnement physique, maître d’armes, et il prenait également des cours d’anatomie pour parfaire sa connaissance et sa compréhension de la gymnastique. Rien que ça…… on comprend mieux d’où vient cette envie des kinés de remplir leur journée !

Notre ami trouvait même le temps d’effectuer ses mouvements inculqués par Ming, incroyable non ? Des mouvements qui semblent avoir porté leurs fruits puisqu’en 1805, il se sent libéré de toute douleur. Ce rétablissement était pour lui la preuve des bienfaits de la gymnastique pour la santé. Et c’est cette conviction qui l’a amené a réalisé des cours/stages dans diverses régions du pays afin de diffuser sa découverte et d’en faire profiter le plus grand nombre. C’est en 1813 que tout commence à prendre place. Pehr Henrik Ling déménage dans la capitale afin d’occuper un poste de professeur de gymnastique et pour devenir maître d’arme à l’Académie de guerre de Karlberg. Un grand pas pour lui mais aussi pour la gymnastique puisque cette même année, il obtient l’autorisation d’installer un gymnase à Stockholm pour former des professeurs de gym destinés à enseigner à l’école et à l’armée. Voilà comment est né le tout premier Institut Central de Gymnastique, dont il fut le directeur durant 25 ans. Pas mal comme histoire non ? 

 

Pour résumer brièvement, Pehr Henrik Ling en plus d’avoir développé un système de massage et d’étirement musculaire le plus répandu d’occident, a été celui qui a participé à l’introduction de la gymnastique et du sport à l’école en Suède. En effet, c’est sous son impulsion que la gymnastique est devenue obligatoire à l’école en 1820. Cela démontre que ses méthodes étaient initialement destinées à l’enseignement de la gymnastique à l’école. Mais ce n’était pas son seul objectif. Il croyait dur comme fer que la gymnastique était un réel enjeu militaire. Dans ses écrits, il mentionnait régulièrement cette volonté de renforcer les défenses du pays par le développement de la force physique chez les hommes (parce oui les femmes ne pouvaient pas encore avoir de force…). Et l’aspect le plus important dans la conception de la gymnastique par Pehr Henrik Ling, c’est que sa méthode avait une base physiologique, ce qui était un grand changement pour l’époque. 

Enfin bref, il a bien mérité des remerciements et qu’on l’appelle papa non ? 

Le fait divers de Pehr : Toutes les médailles des Jeux Olympiques d’été de 1912 avaient un portrait de Pehr Henrik Ling au dos de la médaille.

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